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«  One health »  pour relever  les défis de la résistance antimicrobienne dans la zone Afrique
« One health » pour relever les défis de la résistance antimicrobienne dans la zone Afrique

La résistance antimicrobienne qui est de plus en plus d’actualité, est l’une des principales causes des décès dans les régions de la zone Afrique. Elle survient lorsque les bactéries, les virus et les parasites ne répondent plus aux médicaments. Le professeur Brama Koné, responsable du portefeuille changements climatiques et santé au Bureau régional OMS Afrique, a entre autre insisté sur cette question au cours de la conférence qu’il donnait le 14 février 2024 sur la plateforme du REMAPSEN (Réseau des journalistes africains pour la promotion de la santé et de l’environnement).

La mauvaise prise des médicaments

Le conférencier souligne la prise sans prescription médicale des antibiotiques qui conduit souvent à la mauvaise prise, comme l’une des causes majeures de la résistance aux antibiotiques : « le citoyen lamda ne sait pas que pour prendre un antibiotique contre une maladie donnée, il faut le prendre sur une certaine durée. Lui, il réagit par rapport à l’effet sur son organisme. Il commence à prendre l’antibiotique, au bout de trois jours ou quatre jours, il a le sentiment que ça va. Et comme il ne veut pas prolonger sa prise de médicament, il arrête le traitement. On a donc un agent pathogène qui peut donc se remettre du traitement qui lui a été transmis et du coup, devenir plus résistant parce qu’il a déjà testé. C’est comme quelqu’un qui va combattre contre un adversaire. Le fait d’avoir déjà combattu contre l’adversaire lui permet de connaitre un peu les techniques de l’adversaire et donc lorsqu’il va pour s’entrainer, il revient plus fort. Voilà ce qui conduit aujourd’hui à la résistance antimicrobienne.»

S’approprier l’approche une « seule santé »

Face à cette résistance antimicrobienne, il faut une approche une « seule santé », il faut une approche multisectorielle qui implique une grande composante de sensibilisation, qui implique une grande composante de renforcement des capacités  aussi bien communautaire qu’au niveau du secteur de la santé. La région Afrique étant l’une des  régions les plus touchées par les problèmes de santé dans le monde, les Africains sont ceux qui doivent faire le plus d’efforts. « Il faut  des systèmes de surveillance qui fonctionnent dans nos pays ; il faut aussi un financement durable  et soutenu  », explique  le responsable du portefeuille changements climatiques et santé au Bureau régional OMS Afrique. Il en appelle au soutien par les partenaires multilatéraux, au soutien  par les partenaires au développement. Le professeur Brama Koné a également insisté sur le fait qu’il est urgent que les Etats africains s’approprient ces questions « pour que les financements qu’il faille mettre en place soient effectivement mis en place, pour que les systèmes de surveillance et d’anticipation sur les crises à l’interface homme, animal et environnement soient anticipés ».

Il y a déjà plusieurs initiatives qui sont mises en place par l’OMS depuis 2010, notamment la convention tripartite avec la FAO et le PNUE. Aujourd’hui cette convention est passée à une convention quadripartite avec l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) qui a rejoint le trio pour former une plateforme quadripartite afin d’utiliser l’approche « une seule santé » et lutter contre les maladies à l’interface  homme, animal et environnement.  Il est donc  important que cette plateforme soit représentée au niveau basique local dans les différents pays,  qu’elle soit représentée par les institutions nationales.

Il est bon qu’on puisse maintenir le cap de tout ce qui a été fait pour mettre fin à la COVID-19, par exemple pour qu’on n’ait  pas à revivre les situations sanitaires similaires. « Lorsqu’on a appris d’un choc, il faut mettre en place un système qui permet de pérenniser les stratégies qui ont été mises en place ». L’Approche « One health », « une seule santé », peut permettre à la zone Afrique de résoudre ses problèmes de santé. Une sensibilisation accrue et l’appropriation par différents acteurs s’imposent tel un impératif catégorique.