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Les femmes journalistes à l’école de la sécurité numérique
Les femmes journalistes à l’école de la sécurité numérique/©ME

Elles sont plus d'une dizaine, celles des femmes journalistes qui ont reçu des connaissances nécessaires pour se protéger face aux attaques dans le cyberespace. C’était du 15 au 16 février 2022 dans le cadre d'une formation organisée à Yaoundé par l'association Protège QV (Promotion des technologies garantes de l'environnement et de la qualité de vie).

A travers une formation théorique d'abord et pratique par la suite, elles ont reçu des savoirs qui leur
permettent désormais de prendre en main leurs comptes (Facebook, Whatsapp...), de récupérer les comptes piratés, de crypter les disques durs avec AxCrypt ou VeraCrypt, de chiffrer les communications, de créer de véritables mots de passes difficilement piratables (assez longs avec des caractères spéciaux et des majuscules).

Les logiciels comme SSE file Encryptor et Bitwarden ont été installés dans les différents supports des participantes lors des travaux en atelier, pour conserver les mots de passe de manière sécurisée. Grâce à cette formation, elles sont désormais capables de détecter toutes les formes de menaces. Une formation fortement appréciée par les bénéficiaires.

Ariane Koma, journaliste freelance, témoigne : « La formation est arrivée à point nommé parce que, pas seulement les femmes, mais tout le monde, utilise internet ; et tout le temps, nous sommes exposés à plusieurs dangers. Au cours de cette formation, nous avons appris ce que je peux appeler l'autodéfense sur internet. On nous a donné les astuces pour déjà savoir qu'on est en danger et les clés qui vont nous permettre de nous en sortir. Nous attendons l'épisode 02 de cette formation parce qu'à mon avis, deux jours ne suffisent pas pour bien assimiler toutes les connaissances reçues ».

Prudence Tientcheu de Royal FM abonde dans le même sens : « Il faut dire que la formation a été bien pensée parce que les femmes des médias sont exposées à plusieurs attaques. Il était donc opportun de les rassembler pour pouvoir leur donner quelques connaissances. Ces acquis vont leur permettre de ne plus souffrir face à certaines menaces comme par exemple le harcèlement. On a beaucoup appris. En ce moment même, mon compte Facebook est piraté. Je vais donc essayer de le récupérer ».

73% des femmes journalistes ayant participé à l’enquête mondiale de l’Unesco sur la violence en
ligne contre les femmes ont déclaré avoir subi des violences en ligne dans le cadre de leur travail. 25% ont déclaré avoir été menacées de violences physiques. 18% de menaces sexuelles. 20% de ces femmes ont déclaré avoir fait l’objet d’attaques hors ligne en rapport avec la violence qu'elles subissaient en ligne.

L'initiative de Protège QV devrait donc se poursuivre à travers le pays pour que la majorité des femmes journalistes bénéficient de la formation sur la sécurité en ligne. Une formation grâce à laquelle elles cesseront d'être une couche un peu trop vulnérable.