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Yaoundé : des explosions font des morts à 10 minutes du stade omnisport Ahmadou Ahidjo
Yaoundé : des explosions font des morts à 10 minutes du stade omnisport Ahmadou Ahidjo

Dans la nuit du samedi au dimanche 23 janvier 2021, autour de 2h30 min, des explosions suivies d’un grand incendie sont survenues au sein du complexe culturel Liv’s night club Yaoba, situé au quartier Bastos à Yaoundé.

D’après un communiqué publié par le ministère de la Communication, le drame serait causé par des « déflagrations issues des feux d’artifice habituellement utilisé en ces lieux ». Pris entre les explosions de forte amplitude et les flammes, les occupants de la boîte de nuit se seraient marchés dessus dans la confusion créée par la panique et les bousculades, chose ayant favorisé l’augmentation du nombre de victimes de l’incendie.

D’après ledit communiqué, « le premier bilan fait état de 16 morts, tous conduits à la morgue de l’hôpital militaire d’Ekounou ; et de huit blessés graves internés à l’hôpital central de Yaoundé ».

D’autres sources parlent de plus de 50 morts et plus de 20 blessés, ajoutant que c’est un bouchon de champagne ouvert pendant la célébration d’un anniversaire dans les lieux, qui aurait frappé violemment le plafond et occasionné le reste.

A 10 minutes de Mfandena

Bastos est un quartier résidentiel chic situé au nord de la capitale camerounaise, siège de plusieurs restaurants, hôtels, et de plusieurs ambassades. Le complexe culturel où s’est déroulé le drame se trouve à une dizaine de minutes du stade omnisport Ahmadou Ahidjo, (capacité, 40.000 places), surnommé la cuvette de Mfandena, lequel stade a abrité il y a quelque temps plusieurs matchs du premier tour de la CAN Cameroun 2021. Le match Maroc-Malawi, à l’affiche des huitièmes de finale, va s’y dérouler le mardi 25 janvier 2022.     

La thèse de l’attentat terroriste

Dès l’annonce de la catastrophe, une bonne partie de l’opinion s’est empressée de brandir la thèse d’un attentat terroriste. Lors des activités de préparation de la CAN, les autorités camerounaises n’ont eu de cesse de multiplier des sorties pour dissuader toute velléité attentatoire à la sûreté nationale et la sécurité des populations et des visiteurs venus de partout pour rehausser l’éclat de la fête de foot. Tant et si bien que l’idée de possibles attentats est restée vivant dans l’esprit de beaucoup. Des simulations de démobilisation de prises d’otages ont même été faites sur des lieux devant abriter les rencontres sportives, dans l’optique d’aguerrir les forces de maintien de l’ordre.    

Qui en voudrait au Cameroun, aux Camerounais et aux fans du foot en cette période de CAN ? Questions assez complexes, même si des pistes sont possibles : les séparatistes de la zone anglophone ? des détachements de la secte terroriste Boko Haram ? Ou alors des groupuscules spontanés en quête d’exploits ?

Mais quand bien même la thèse de l’attentat terroriste serait acceptée, il faudrait aussi que s’explique le fait qu’il se déroule à 10 minutes d’un stade, plutôt que dans le stade lui-même.

Ci-dessous, la liste des premières victimes identifiées :

1- Fane Mahamat, épouse Ousmane (Médecin, directeur de la promotion de la santé au MINSANTE)

2- Ateba Henri (autorité aéronautique)

3- Makoundy Etondo Charles

4- Nfangwen Mongnam Barthélémy (employé du complexe culturel)

5- Lomba Samba (Communauté urbaine de Douala)

6- Gatsi Tameze Mike

7- Noah Emmanuelle Lionelle

 8- Sop Tchatagne Franck (EIFORCE)

9- Colonel Biloa Ekengue Patrice (autorité aéronautique)

10- Jida Simplice (employé du complexe culturel)

11- Donkeng Marc Gaël (client)

12- Abouna Mahamat Koiss (frère de la décédée Fane Mahamat)

13- Moussa Mohamed

14- Ngono Christelle

15- Nka Esther (caissière du complexe culturel)

Le gouvernement annonce qu’une enquête est ouverte, en vue de mettre de la lumière sur un incident qui risquerait de ternir une compétition sportive déjà entachée par plusieurs scandales financiers.