Le gouvernement accélère. La première session du Comité national de maturation des projets et programmes d’investissement public s’est tenue le mardi 4 août 2026 à Yaoundé. L'objectif étant de mettre de l’ordre et de la rigueur dans la dépense publique.
Un nouveau filtre pour les projets de l’État
Présidé par Paul Tasong, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, le Comité national de maturation est la nouvelle étape obligatoire avant tout financement de projet d’investissement public.
Concrètement, aucun projet ne pourra plus aller directement au budget ou vers les bailleurs sans avoir d’abord prouvé sa pertinence, sa faisabilité technique, économique et environnementale. "Il faut arrêter de lancer des projets qui dorment 10 ans dans les tiroirs. Nous voulons des projets bancables, mûrs et prêts à être exécutés", a indiqué une source proche du MINEPAT.
Les trois missions du Comité
l Examiner la qualité des études : APS, APD, étude d’impact environnemental et social ;
l Vérifier la cohérence avec la SND30 (Stratégie nationale de développement 2030) ;
l Donner un avis technique avant validation en Conseil de cabinet ou recherche de financement.
Pourquoi maintenant ?
Le Cameroun a multiplié les projets ces dernières années, mais le taux d’exécution reste faible. Beaucoup sont mal préparés, surévalués ou en doublon. Avec ce comité, l’État veut : réduire les retards et surcoûts ; améliorer l’absorption des financements extérieurs ; donner plus de visibilité aux partenaires techniques et financiers.
Quels projets sur la table le 4 août ?
Pour cette première session, plusieurs ministères sectoriels ont soumis des dossiers. Sont notamment attendus : les infrastructures (routes, énergie, hydraulique) ; le social (hôpitaux, universités, logements sociaux) ; le productif (zones industrielles, agriculture, numérique). La liste exacte des projets examinés n’a pas encore été rendue publique. Le MINDEL/MINEPAT promet un communiqué détaillé dans les prochains jours.
Vers une meilleure gouvernance
Cette réforme s’inscrit dans la volonté du gouvernement de moderniser la gestion de l’investissement public. Le Comité travaillera en étroite collaboration avec le MINDHU, le MINFI et le MINEPAT.
Pour les experts, c’est un pas important. "La maturation, c’est 50 % du succès d’un projet. Si on rate cette étape, on rate tout le reste", commente un économiste. Le Comité doit se réunir chaque trimestre. Les projets validés seront ensuite transmis au Premier ministre pour arbitrage final avant inscription au BIP (Budget d’investissement public 2027).
Réaction
Paul Tasong, ministre délégué auprès du MINEPAT
"Ce qui est ressorti de la session, c'est qu'un premier lot comportant dix projets, étaient en présélection et neuf ont eu l'avis favorable. Un renvoyé, car non aligné aux priorités gouvernementales. Le Lot 2, avec 23 projets pour inscription au budget 2027, dont 21 ont eu avis favorable. deux renvoyés pour relecture ou conformité aux orientations de la hiérarchie. La priorité gouvernementale est l'alignement sur la SND30 et la vision du président Paul Biya, la mise en avant du secteur privé pour la création de richesse. Le point fort reste L’énegie. Le Comité a demandé au MINEE de proposer à la prochaine session une stratégie claire pour la production, le transport et la distribution pour électrifier le Cameroun. Autre secteur clé, la télécommunication et le numérique. Le niveau de numérisation est encore insuffisant. Le saut qualitatif est obligatoire. Plus question de financement de la 4G en 2026. Il faut viser directement les technologies les plus modernes, 10G et au-delà. Il faut accélérer les licences. Le Comité recommande d’accorder plus rapidement les licences à Starlink et autres opérateurs satellitaires. L'objectif étant de couvrir les zones non connectées et sécuriser l’accès. Les enjeux, c'est la compétitivité de l’industrie camerounaise, connexion des ménages, et surtout la sécurité du pays face aux connexions privées non régulées. Tout cela doit servir la SND30 et la vision du président".
Propos recueillis par CN