C'est la principale information à retenir de la conférence de presse donnée par le Chairman du SDF Joshua Osih le 23 juillet 2026 à son siège régional du Centre.
Sur l’absence du président
« Bien qu’aucune disposition constitutionnelle ne réprimande la durée d’un séjour du président de la République à l’étranger, le SDF trouve indécent et méprisant qu’aucune communication officielle n’informe le peuple sur les raisons du prolongement du court séjour privé du président à l’étranger.
Le SDF attire l’attention du président de la République qu’au sens politique et républicain, on peut affirmer qu’il est au service de l’État et du peuple camerounais et qu’il ne peut se soustraire aux règles applicables à tous les citoyens. Son retour au pays serait plutôt bien accueilli. »
Appel spécifique pour le NOSO
« Par exemple par les populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest qui l’attendent depuis dix ans en tant que chef de l’État, chef suprême des armées pour apaiser, en bon père de famille, le conflit qui n’a que trop duré. »
Sur la santé
« Nous leur assurons que si c’est pour des problèmes de santé qu’il est bloqué à l’étranger, alors il peut rentrer au continent car le ministre de la Santé publique nous avait rassuré en mondovision que le Cameroun dispose de plateaux techniques en matière de santé qui n’envient rien aux pays occidentaux. »
Exigence de transparence
« Le peuple a le droit à l’information sur la personne à qui ils ont confié un mandat et c’est une exigence de transparence que porte le SDF.
Si aucune communication gouvernementale n’est formulée pour rassurer le peuple sur la continuité de l’État, alors le SDF avisera. »
Le constat du SDF après 10 ans de crise au NOSO
« Après dix ans, personne n’a gagné, personne ne peut gagner et tout le monde a perdu. Le plus grand scandale de cette dixième année n’est pas seulement la souffrance, c’est l’accoutumance à la crise. Et le SDF refuse cette accoutumance. Et nous la refusons avec un plan. »
Le plan des "100 jours pour la paix" présenté depuis de la présidentielle 2025
Du Jour 1 au Jour 30 : la désescalade et l’humanité
Libération conditionnelle de tous les détenus liés à la crise non condamnés pour crimes de sang ; réexamen des conditions de détention des dirigeants sécessionnistes pour créer un climat de confiance ; commandement unique pour toutes les forces de défense et de renseignement dans les deux régions ; fin des exactions militaires et le déploiement de forces formées à la résolution des conflits ; les corridors humanitaires pour les vivres, médicaments et déplacés ; réouverture des écoles sous sécurité garantie par les communautés et le système de rattrapage scolaire.
Du Jour 30 au Jour 60 : créer la confiance et la gouvernance avec la conférence nationale de paix et de réconciliation inclusive
Les chefs traditionnels, églises, société civile, jeunes, partis, représentants séparatistes. Avec le fédéralisme, la gouvernance bilingue, le partage du pouvoir sur la table ; sécurité et justice communautaire via des conseils locaux de paix ; nomination accrue d’anglophones à des postes clés de l’État ; autonomie réelle pour les conseils des deux régions, y compris contrôle de leur budget.
Du Jour 60 au Jour 100 : «Relance et Justice», un fonds d’urgence pour la relance économique
Soutien des entreprises, agriculteurs, commerçants ; reconstruction des écoles, hôpitaux, routes, marchés détruits par des entrepreneurs locaux ; désarmement, formation professionnelle et réinsertion des ex-combattants ; commission vérité et réconciliation.
Quelques dispositions
Instauration d’un système fédéral et décentralisé avec garanties constitutionnelles pour les droits linguistiques et culturels ; institutions régionales renforcées ; investissements structurants comme le port en eau profonde de Limbe, construction de la route Kumba-Isangele, l'achèvement de la Ring Road.
Le calendrier électoral et la crise dans le NOSO, les élections municipales et législatives
« Le report de ces élections sous quelques prétextes que ce soit : sécurité, calendrier, finances ou consensus, sera traité par notre parti comme une confiscation inconstitutionnelle du mandat du peuple. Et parce que ce danger concerne chaque démocrate, j’appelle solennellement depuis cette tribune tous les partis politiques de l’opposition, quelles que soient nos différences de candidats, de stratégies ou d’histoire, à s’unir sur cette exigence unique, minimale et non négociable : Les élections doivent se tenir telles qu’actuellement prévues, avec des garanties de transparence. Le SDF convoquera en temps opportun les forces politiques qui partagent cette position afin de formaliser ce front commun contre le report des élections municipales et législatives. Que le gouvernement l’entende clairement : le calendrier électoral n’est pas sa propriété, il appartient au peuple souverain. »
Sur la crise dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest
« Cette année, chers amis, le Cameroun marque dix ans depuis le début de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Dix ans depuis que des enseignants et des avocats, des gens du métier et de la parole, se sont levés pour dire qu’ils se sentaient lésés et ont reçu pour réponse des balles et la prison. Un enfant né à Kumbo l’année où tout a commencé fête ses dix ans cette année sans école pour l’accueillir. Le bilan est une honte nationale : plus de 6 000 de nos compatriotes tués. Certains décomptes disent même 6 500.
Environ 648 000 déplacés internes, avec des déplacements cumulés approchant 900 000, Quelques 80 000 réfugiés au Nigeria, Plus de 600 000 enfants privés d’école, Environ 2 000 personnes emprisonnées en lien avec la crise, Près de 2 millions de personnes en besoin d’assistance humanitaire ; la CDC, jadis deuxième employeur de la nation, à genoux avec des dizaines de milliards de pertes ; Le Sud-Ouest dépouillé de son leadership agropastoral et industriel. Et toute l’économie amputée, les exportations en baisse, les investissements en baisse, la croissance perdue année après année. »
Pour finir, chers amis, je ne saurais terminer sans demander encore et toujours la libération des prisonniers politiques. Au SDF, nous sommes d’avis que c’est lâche et c’est un signe de faiblesse d’envoyer ses adversaires politiques en prison parce que le pouvoir appartient au peuple. Power to the people. Que Dieu vous bénisse et que Dieu bénisse le Cameroun. Merci.